4 conseils pour lire des ouvrages équestres pratiques

4 conseils pour lire des ouvrages équestres pratiques

Avant de commencer Le challenge 30 livres équestres, je voudrais partager avec vous des aprioris que certains peuvent avoir sur les livres pratiques en général et aussi plus précisément les livres équestres. En même temps, je voudrais vous donner les conseils que j’ai pu glaner à droite à gauche, pour bénéficier de tout ce que peut nous apporter un livre pratique sur le cheval et l’équitation.

1) « Les grands Maîtres/cavaliers sont inhumains, ce qu’ils font est magique »

Non, les personnes qui ont réussi à trouver leur voie dans le monde du cheval ne sont pas des dieux, des génies, ou des personnes douées de capacités surnaturelles. Ce sont des personnes comme vous et moi. Ce sont des hommes et des femmes qui ont observé, essayé, échoué, appris, réessayé, parlé, lu, recherché. Et ils sont aussi tombés mais ils sont remontés, chaque fois. Ils ont eu peur, ils ont ri, ils ont pleuré.  Ils sont humains. Et ils continuer de chercher, car dans le monde des chevaux, comme dans la vie, ce n’est pas le but qui compte, c’est le chemin.

Et il nous est aussi possible d’arriver à trouver cette harmonie, j’en suis convaincue.

Il faut lire ce qu’ils ont écrit, comprendre leurs découvertes mais surtout explorer leur quête de sens. « Il ne faut pas chercher à imiter les Maîtres mais plutôt rechercher ce qu’ils ont recherché. » (Stephen Covey, Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent). Car, notre harmonie sera forcément différente de la leur, mais ils peuvent nous aider à la trouver.

Les grands Maîtres ne sont pas des surhumains. Les méthodes existent déjà depuis des années, la relation homme-cheval depuis plus longtemps encore. Mais bien souvent lorsqu’on lit un livre sur une manière de faire, on le trouve « intéressant » et puis on l’oublie (voir le point (2)). Ces « génies » ont simplement intégré ces méthodes (jusqu’à ce qu’elles fassent partie d’eux-mêmes) et y ont ajouté leur touche personnelle.

Pour les premiers livres, je recommande de commencer par des livres qui se rapprochent de nous et de nos habitudes. Il est, au départ, plus facile d’avoir un certain nombre des points en communs avec l’auteur (comme la discipline, la technique, les valeurs, etc.) afin de mieux comprendre en profondeur ses propos. En effet, il sera plus difficile pour un cavalier de dressage de comprendre un cowboy, et surtout d’utiliser ses méthodes. Il ne comprendra pas ni le sens, ni le but recherché.

Malgré cela, je pense que plus nous nous ouvrons aux cultures équestres et aux différentes méthodes et techniques, plus l’on peut apprendre de nouvelles manières de faire et plus l’on peut cerner ce qui nous anime, ce que nous recherchons. Mais cela prend du temps et, choisir, pour commencer, un ouvrage à l’opposer de notre monde peut nous rebuter complètement, ce qui serait dommage.

 

2) « Je lis et puis j’oublie de toute façon »

Certaines personnes pensent que lire ne vaut pas la peine parce que lorsqu’elles sont à cheval, elles ne pensent plus au livre ou ont simplement tout oublié!

Je me suis déjà retrouvée dans cette situation. J’avais lu les premiers chapitres d’un livre très pratique (L’équitation centrée de Sally Swift). Et j’avais trouvé ça très intéressant et juste. En plus cela avait l’air simple: il suffisait de se mettre à cheval et de sentir. Mais une fois à cheval, ça n’a pas du tout été comme prévu. D’abord, j’ai tout à fait oublié, avec la préparation du cheval, le bavardage avec les copines et puis il fallait échauffer le cheval,… Et au final ce n’est qu’à la fin de la séance quand je me suis arrêtée que j’ai pensé à Sally Swift. Mais, j’avais tout oublié, « qu’est-ce que je devais faire encore? », je ne savais plus. Et j’avais beau toucher toutes les parties de mon corps, je ne sentais pas grand chose et je ne me souvenais pas des images qu’elle avait utilisées. En vérité, j’avais « lu » sans faire attention, sans visualiser (voir le point (4) de cet article), sans réfléchir.

La plupart des personnes qui abordent un livre ne voient pas plus loin. « Un livre ne va pas changer ma vie (ou ma façon de monter) », se disent-elles. Et il est vrai que ce n’est en général pas le cas, surtout si on l’aborde avec ce point de vue là. Hors, la lecture peut apporter beaucoup plus si on décide d’apprendre et de comprendre les principes qui sous-tendent le livre. Pour se détendre, ou juste pour « lire », il vaut peut-être mieux choisir un roman plutôt qu’un livre pratique.

Si votre leitmotiv est d’apprendre quelque chose et de pouvoir l’utiliser à cheval, il faut aborder la lecture autrement. Stephen Covey recommande d’aborder son livre comme s’il fallait présenter le livre à quelqu’un, dans la semaine qui suit. Il est aussi bon de noter dans un carnet (ou ailleurs) les concepts clés que vous avez retenus, chapitres après chapitres. Et pourquoi pas prendre ce carnet aux écuries et le relire avant de monter à cheval. Après la séance, il est même possible de noter les impressions et d’aller revoir ce que l’on a pas compris ou senti.

 

3) « Si c’était si simple, tout le monde le ferait »

Olivier Roland, dans son livre « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études« , nous explique l’importance d’être un bon sceptique. Vous pouvez visionner une de ses vidéos à ce sujet ici: Les bons et les mauvais sceptiques.

Lorsque l’on découvre une nouvelle méthode, souvent une partie de nous doute :  « Et si l’auteur mentait ? » ou « s’il se trompait? ». Olivier Roland explique que le doute c’est sain et tout à fait normal. Mais aussi que lorsque l’on doute on perd toute sa motivation pour ne serait-ce qu’essayer la nouvelle méthode. « Pourquoi mettre tant d’effort alors que ça ne marchera peut-être pas? ». Il est fort probable que ce système ne fonctionne pas pour tout le monde. Mais peut-être que, pour vous, c’est la méthode qu’il vous faut.  C’est pourquoi, il faut tester.

Il est clair qu’au niveau développement personnel le test est très facile. On essaye de faire quelque chose pendant une semaine ou deux, si ça marche on l’adopte, si non on passe à autre chose. Avec le cheval, c’est bien plus compliqué si cela concerne l’éducation du cheval. Car commencer à tester différentes méthodes sur un cheval qui déjà a appris peut être très déstabilisant pour celui-ci. Il faut rester cohérent dans ses demandes. Le cheval ne sait pas que vous changez de méthode. Et demander la même chose de plusieurs manières différentes est la meilleure façon de n’arriver à rien. Donc adaptez toujours légèrement pour qu’elle corresponde à vos habitudes et celles du cheval. Mais je vous rassure, les livres choisis dans Le challenge 30 livres équestres proposent surtout des méthodes globales (basées sur le changement de soi plutôt que sur celui du cheval) et non un certain exercice à faire d’une certaine façon.

Avec un cheval, je pense qu’une période d’essai de minimum un mois est nécessaire, selon ce qu’on essaye de changer et la fréquence des séances. En effet, le cheval doit assimiler la nouvelle méthode, le cavalier aussi, et puis il va falloir un peu de temps avant de voir les véritables changements.

Si le test s’avère efficace, on peut l’intégrer complètement. Il se peut que l’on oublie la méthode. Mais, à chaque fois que possible il faut revenir au système jusqu’à ce que ces principes fassent partie intégrante de nous, que cela devienne une habitude et pas un simple « truc » essayé une fois et puis oublié.

 

4) « Un livre ne va pas m’aider à mieux monter à cheval »

Les grand Maîtres équestres sont à la base des érudits, ils ont étudiés. Pour ne citer que Nuno Oliveira : « Aux cavaliers avancés, ayant une grande pratique du cheval, tous les livres sont utiles. La pratique, l’habitude du cheval, font qu’ils savent choisir le bon, en tirer profit et laisser de côté le mauvais. Ce qu’il faut surtout, c’est monter beaucoup, tout en ne laissant pas les livres se couvrir de poussière sur les étagères. » (Nuno Oliveira, Oeuvres Complètes).

Il faut donc parfois descendre de cheval et ouvrir un livre pour apprendre à monter à cheval. L’équitation requiert pourtant de la pratique. Oui, mais sans base théorique, on erre comme un oiseau sans tête. Je cite encore le blog L’Art d’être Centaure-sse : « Le but d’une lecture est multiple : se détendre, apprendre, réviser, passer le temps, etc. Or sachez que toute lecture apporte du savoir c’est-à-dire de la connaissance (fait de savoir), de l’expérience (savoir-être) et de la compétence (savoir-faire). Et cela vaut pour toute lecture oui, même lire un roman équestre n’est pas inutile. Un exemple ? Il peut vous permettre de visualiser des scènes qui peuvent potentiellement vous arriver et cette projection par avance vous amènera à mieux les gérer si elles surviennent. »(Honorine Tellier, Du bon lecteur).

Cette histoire de visualisation m’a marquée. Je me suis donc penchée un peu plus sur le sujet. La « projection » peut aussi s’appeler « visualisation créative », une méthode basée sur de nombreuses études. « La visualisation créative est une technique mentale qui permet d’évoquer à l’esprit une scène, une situation, un son, un objet, une émotion ou une sensation, orientés vers un but à atteindre. Avec la répétition, l’image, que le sujet s’auto-suggère, s’imprime dans l’inconscient et est accepté à titre de « vérité », car celui-ci ne fait aucune différence entre l’expérience réelle et l’expérience intensément imaginée. Selon l’intensité de la pratique et la volonté de chacun, les images intérieures créées à l’aide de la visualisation créative peuvent déclencher sensiblement les mêmes effets que le ferait l’expérience réellement vécue. De nos jours, de nombreux athlètes, de niveau mondial, et provenant de diverses disciplines, utilisent la visualisation créative afin d’améliorer leurs performances. » (extraits du site http://www.visualisation-creative.com)

Lorsqu’on lit, il est facile de visualiser exactement ce que l’auteur explique. Arrêtez-vous souvent de lire pour visualiser et comprendre ce que l’auteur a voulu dire. Respirez et imaginez-vous la scène dans votre esprit: le cheval, sa selle, les rênes, vous, sur ou à côté du cheval, les alentours, et bien sûr ce que vous travaillez et ce que l’auteur décrit. Quelles sont les sensations (le touché des rênes, votre selle)? Que voyez-vous? Comment vous sentez-vous, quelle est votre posture, votre position? Que fait votre cheval? Que faites-vous? etc. Lorsque la scène a déjà été vécue, il est plus facile de la réaliser une seconde fois.

 

Ceci conclu donc mes 4 conseils pour lire intelligemment des livres équestres pratiques. Je dois avouer qu’en faisant mes recherches, j’ai beaucoup appris aussi et je suis très contente de vous partager mes trouvailles ! Ceci m’aidera dans mon défi.

Et vous? Avez-vous d’autres conseils pour aborder la lecture de livres pratiques sur l’équitation?

Que votre journée soit belle !

2 réactions au sujet de « 4 conseils pour lire des ouvrages équestres pratiques »

  1. Merci pour ces bons conseils. Pour ma part je prends des notes puis je reformule au propre dans un cahier. Je me souviens qu’à mon ancien boulot les élèves que je surveillais ne comprenait pas pourquoi je prenais des notes d’un livre 😛

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