Nature in Horsemanship: Discovering Harmony Through Principles of Aikido

Nature in Horsemanship: Discovering Harmony Through Principles of Aikido

Mark Rashid, dresseur américain mondialement reconnu, propose de remettre l’harmonie au centre de l’équitation en nous initiant aux principes de base de l’Aïkido par des anecdotes. Au fil du livre, on découvre différents concepts qui sont aussi précieux à cheval, en Aïkido ou simplement dans la vie.

Nature in Horsemanship: Discovering Harmony Through Principles of Aikido, Mark Rashid,  2015, 248 pages

Résumé

Nature in Horsemanship: Discovering Harmony Through Principles of Aikido

Aikido and Horsemanship

Mark Rashid nous explique qu’en Aïkido il est important de toujours donner le meilleur de soi. S’abaisser au niveau de l’autre voudrait dire que l’on ne pratique plus son Aïkido mais celui de son adversaire, pareil, on devient un pantin.

C’est pareil en équitation, le cheval donne toujours le meilleur de lui même que ce soit la meilleure transition, le meilleur stop, ou le meilleur refus, la meilleure ruade. De son côté, le cavalier ne donne pas toujours le meilleur de lui-même, que ce soit une demande honnête, une félicitation, ou une leçon honnête. En général, les cavaliers attendent bêtement que le cheval change son comportement pour un mieux, sans se changer eux-mêmes.

Même chose au niveau physique, si on ne fait pas travailler notre corps, nous devenons les esclaves de celui-ci. On peut penser que « c’est comme ça et de toute façon on y peut rien », mais on essaye pas de changer pour que ça soit autrement. En équitation, on veut que nos chevaux soit capable de prouesses physiques importantes, alors que nous, nous ne sommes pas des athlètes. L’auteur insiste aussi sur le fait que dans la nature, l’harmonie se base sur la survie du plus fort. « S’abaisser au niveau de l’autre » est une qualité humaine très gentille mais on ne retrouve pas vraiment ça dans la nature.

Nature’s Harmony

Parfois, la manière dont l’humain veut atteindre l’équilibre et l’harmonie est bien différente de la manière dont la nature veut atteindre l’équilibre et l’harmonie.

Si la nature donne quelque chose, elle prend quelque chose en retour, et si elle prend quelque chose, elle donne quelque chose en retour, contrairement à la manière dont nous voyons le monde où tout doit être juste, et si pas, la faute doit retomber sur quelqu’un. Tout dans la nature est en équilibre, et dans l’équilibre de la nature, il n’y a pas de justice ou d’injustice.

Les humains qui se sentent mal vont d’abord chercher quelqu’un ou quelque chose à blâmer, bien avant de chercher une manière de se sentir mieux. Un animal, lui, va directement chercher un moyen de se sentir mieux, donc, de rester en équilibre ou de revenir à son équilibre.

Mark explique à travers l’histoire d’un cheval paniqué, que parfois on ne peut résoudre un déséquilibre, sans passer par le chaos. Et nous, les humains avons parfois du mal à faire ce qu’il faut pour rétablir l’équilibre chez un cheval. Après le chaos total, on peut trouver l’équilibre, pas un équilibre mécanique, mais un équilibre défini par la nature. Mais, nous sommes si préoccupés sur la partie « harmonie » de l’équitation que nous ne permettons pas à la partie « confrontation » de se montrer, d’en faire partie.

L’auteur explique également que l’équilibre, physique et émotionnel, du cheval commence par la respiration. Beaucoup de chevaux (et de cavaliers) ne savent pas respirer. Un cheval qui ne respire pas est un cheval qui n’utilise pas son cerveau, ce qui veut dire qu’il est enfermé dans son mal-être et ne sait comment en sortir.

L’harmonie n’est pas une situation fixe dans laquelle on arrive à un moment donné, c’est plutôt un point qui va et vient continuellement.

Spirit of the Horse

Mark utilise le mot « spirit » (« esprit », « caractère », « fougue ») pour signifier l’essence pure d’un cheval. C’est cette part intérieure de chaque cheval qui est resté intacte, inchangée par les hommes. C’est le « spirit » qui les aide à rester vrais envers eux-même. L’auteur nous raconte la fabuleuse histoire d’un étalon mustang et de son propriétaire, Tim. Cet étalon avait une présence incroyable de « spirit ». Après l’avoir monté – sans altérer le « spirit » -, Tim l’a relâché dans une réserve.

« I believe that sometimes the mark of a true horseman isn’t just about what a person can do with a horse; it’s also what they don’t do with them. That, too, can be a very delicate balance, the kind we are surrounded with in nature, and the type of thing we don’t really see much anymore in horse/human relationships. »

Je crois que parfois la marque d’un vrai cavalier n’est pas juste ce qu’une personne peut faire avec un cheval; c’est aussi ce qu’elle ne fait pas avec. Cela, aussi, peut être un équilibre très délicat, le genre de chose que l’on voit partout dans la nature, et qu’on ne voit plus vraiment beaucoup dans les relations cheval/humain.

Self-Protection

Mark Rashid compare les réactions des chevaux et des hommes lorsqu’ils sont face à une situation potentiellement dangereuse.

Les cavaliers demandent souvent que faire lorsqu’un problème apparait, et pas ce qu’il faut faire pour ne pas que le problème se produise. A ce moment-là, lorsque le cheval a déjà mordu, rué, botté, les options pour se protéger sont assez limitées. Par contre, si une personne demande ce qu’elle devrait faire si elle a un mauvais sentiment à propos de quelque chose ou de quelqu’un, dans ce cas, elle regarde la situation de manière préventive. Les options pour se protéger deviennent alors presque illimitées.

Donc il est bien plus efficace de prendre une approche proactive qu’une approche réactive. Hors, dans notre société nous sommes tellement habitués à être protégés, qu’on ne voit, qu’on ne sent plus le danger venir (parfois de très loin). Nous nous positionnons alors en victimes réactives.

La protection de soi est très importante dans la nature. Lorsque les chevaux ont un comportement anormal, en général c’est pour leur protection. Contrairement aux gens, les chevaux n’attendent pas pour voir si quelque chose ou quelqu’un va leur faire du mal, ils prennent des mesures immédiates.

Bien avant d’arriver dans une situation inconfortable, nous devrions être prêt à agir de manière positive, préventive ou proactive.

L’auteur nous rappelle aussi qu’il faut d’abord se protéger soi-même avant de protéger le cheval (comme dans l’avion avec les masques). Si vous êtes couchés à terre, vous n’êtes plus d’une grande aide pour le cheval.

Pressure, Part 1

Mark explique que souvent les cavaliers n’emploient pas la pression, pas parce que ça embête le cheval (quand on l’utilise correctement ça ne l’est pas) mais plus parce que ça les embête eux. En d’autres mots, les gens n’aiment pas ce qu’ils ressentent quand ils utilisent la pression. Soit ils ne savent pas quand et comment l’utiliser, soit ils ont du mal à utiliser la pression sans se sentir en colère ou simplement mal. Ils associent, en quelque sorte, la pression avec la confrontation. Pourtant, les chevaux n’ont pas d’émotions liées à la pression. Pour les chevaux, l’utilisation de la pression n’est pas juste ou fausse ou bonne ou mauvaise, c’est simplement un moyen de communication.

Pressure, Part 2

Ici, Mark Rashid approfondit la notion de pression, en démontrant que dans la nature les chevaux utilisent cette forme de communication (sans renforcement positif) et en expliquant également les trois sources de pressions (physique, émotionnelle et environnementale).

Orientation

Mark explique qu’un cheval va utiliser son positionnement pour se sentir mieux à certains endroits. Il a vu beaucoup de chevaux, loin de chez eux se tourner dans la direction de leur écurie, parfois à des milliers de kilomètres de là. Il associe cela au fait qu’en Aïkido une fois qu’il a changé son positionnement dans le dojo, sa capacité à réaliser les mêmes exercices avait diminué, car ceux-ci n’étaient pas totalement intégrés.

L’orientation du cheval peut jouer en notre faveur ou en notre défaveur. Avec les chevaux qui doivent solutionner leur problème d’orientation (un cheval qui n’a trouver qu’un seul endroit où il est bien), une fois qu’ils ont passé le choc initial de ne pas pouvoir se calmer par l’attitude habituelle, ils vont presque immédiatement rechercher un autre moyen de se sentir mieux. Lorsqu’on leur donne ensuite assez de temps, ils vont comprendre qu’ils n’ont pas besoin de cette « ceinture de sécurité » et leur confiance en eux augmente énormément.

Mouvement an Openings

Mouvement

L’auteur nous explique qu’il y a deux éléments-clés que la plupart des gens ne prennent pas en compte quand un cheval a peur.

  1. Le temps que le cheval va prendre pour se familiariser à quelque chose dont ils ne sont sûrs, comparé à ce que nous pensons qu’il devrait prendre comme temps (bien plus court) pour se familiariser avec.
  2. La manière dont le cheval se familiarise avec l’objet de la peur. La plupart des gens de cheval vont essayer de marcher le cheval directement vers la chose qui fait peur. Et puis, ils s’attendent à ce que le cheval reste là pendant qu’il comprend ce que c’est, et en même temps, comme par magie, qu’il perde toute peur de l’objet.

Très peu de cavaliers vont permettre à leur cheval de galoper très loin de ce qui fait peur. Pourtant, le mouvement chez le cheval est un élément essentiel pour libérer le stress du corps. Cependant il faut veiller aux répétitions. Lorsqu’un cheval a peur de quelque chose, c’est assez courant qu’il fasse toujours la même chose, qu’il répète toujours les mêmes mouvements, pour se couper de la situation, et ne pas l’affronter. Il faut donc les éviter à tout prix.

Ouvertures

Les ouvertures sont tout ce qui nous permet d’aider à guider brièvement un individu dans la direction que l’on veut qu’il emprunte. Ce n’est pas très important d’utiliser un grand ou un petit mouvement, l’ouverture qui est créée sera toujours la même, quelle que soit l’ouverture « physique ». Les ouvertures peuvent apparaitre presque partout et parfois ne ressemblent pas à ce à quoi on s’attend. Mais si on ne regarde pas, on ne les trouvera jamais. Les chevaux sont des maîtres pour comprendre les ouvertures, nous humains sommes de nouveau bien à la traine à ce niveau-là.

Les ouvertures fonctionnent dans les deux sens. Quand on cherche ou qu’on est conscient des ouvertures que les chevaux présentent et qui peuvent nous aider à les diriger vers notre but, alors le dressage devient relativement facile. Par contre, un peu comme dans un jeu d’échec, pendant que nous cherchons des ouvertures pour nous aider à diriger le cheval, celui-ci peut aussi être à l’affut des ouvertures qui lui permettront d’aller vers l’attitude qu’il veut.

En général, les ouvertures sont bien plus facile à créer lorsque du mouvement est présent. Un corps en mouvement reste en mouvement, un corps arrêté a tendance à rester arrêté. Être capable de trouver, créer et utiliser les ouvertures quand on travaille avec les chevaux peut non seulement rendre notre travail plus facile, mais cela peut aussi permettre une communication plus lisse et des mouvements plus efficaces.

Connection

Mark rapporte que des scientifiques ont découvert les « neurones miroirs ». Ce sont des outils qui permettent aux animaux (humains inclus) d’expérimenter, d’imiter et plus tard de déchiffrer le comportement en regardant d’autres individus et leurs actions. En fait, les neurones miroirs peuvent être activés en observant un individu de la même espèce ou celui d’une espèce différente. Une connexion entre les animaux (humains inclus) peut donc être tout à fait réelle.

En équitation, nous savons que nous voulons créer une connexion avec le cheval, et nous savons aussi souvent à quoi cela devrait ressembler. Le seul problème est que nous ne savons pas comment y arriver. Cette connexion que nous recherchons n’est en fait rien d’autre que de la communication à un niveau très subtil, presque invisible.

Après des années à essayer de trouver des moyens pour aider les cavaliers à se connecter à leurs chevaux, Mark trouva finalement que nous devrions plutôt les laisser, eux, se connecter à nous.

Distance/Spacing

Qui contrôle la distance, contrôle la situation.

Quand quelqu’un attaque, parfois la différence entre être blessé ou pas, n’est pas plus épaisse qu’une feuille de papier. Si tu ne veux pas être blessé, il faut juste être sûr d’être du bon côté du papier.

Pour bien comprendre la distance en équitation, il faut pouvoir écouter son intuition (notamment grâce à la respiration). Si je laisse faire mon corps, celui-ci fera les ajustements nécessaires au niveau de la distance. Les recherches ont prouvé que le corps ressent et anticipe bien avant que nous prenions conscience du danger. Le corps sait déjà ce qu’il doit faire pour rester en sécurité.

Faire attention à son intuition peut nous permettre de prendre de la distance par rapport à la situation et peut-être la regarder sous un angle différent. Ce qui souvent nous permet d’élargir notre focus.

Nature in Horsemanship

Quand on inclut la nature dans notre vie, on peut trouver l’harmonie.

Je crois que n’importe qui qui espère la perfection absolue dans une situation, qui implique des interactions entre deux espèces, va au devant des problèmes. Les humains ne communiquent déjà pas bien à 100% entre eux, même quand ils parlent le même langage.

L’harmonie n’a de toute façon rien avoir avec la perfection. L’harmonie c’est une synchronisation pour arriver ensemble à un but commun. On ne parle pas, ici, de synchronisation mécanique qui est obtenue par des répétitions aliénantes, mais bien de la synchronisation des énergies de deux individus ou plus.

S’isoler de la nature, que ce soit intentionnellement ou non, n’est pas bon pour nous. Notre subconscient nous ramène toujours dans le cycle.

Mon opinion

J’ai écouté ce livre en version audio, lors de mes longs trajets en voiture. L’écriture de Mark Rashid permet de se plonger dans un autre monde. Par les histoires et anecdotes qu’il raconte, on arrive vraiment à bien comprendre ce qu’il essaye de faire passer. Malheureusement disponible seulement en anglais, Nature in Horsemanship permet d’appréhender le travail du cheval sous un nouvel angle (ou plusieurs ^^). Pour ce qui est des points négatifs, je peux dire que ne connaissant pas l’Aikido j’ai eu parfois du mal à bien cerner les concepts évoqués mais l’auteur les explique ensuite. Cela m’a donné envie de découvrir les arts martiaux !

Ce que j’ai appris – ce qui est important

  • Le cheval, tout comme l’humain doit respirer! Mark explique avoir eu affaire à  un cheval paniqué, qu’il a fait courir jusqu’au moment où l’animal s’est mis à respirer normalement (c’est-à-dire expiration à chaque poussée du postérieur opposé au sens du galop, par exemple postérieur gauche au galop à droite).
  • Aussi, revenir à l’équilibre ne se fait pas toujours dans le calme et la décontraction. Bien que nous le voulions ainsi, Mère Nature a souvent d’autres plans, plus chaotiques.
  • D’après Mark, les chevaux pensent en termes de rythme, alors que nous humains pensons en termes de mots. Pour changer l’allure, compter les pas: au pas – 4 temps, au trot – 2 temps, au galop – 3 temps et repenser le tempo en comptant à voix haute peut vraiment aider à changer l’allure avec un usage minime ou inexistant des rênes.
  • L’importance du physique. La plupart d’entre nous perdons notre autorité sur notre propre bien être physique, au fil des années. Quand cela se produit, quand notre corps commence à nous contrôler au lieu de l’inverse, cela peut être difficile de reprendre ce contrôle. Mais la bonne nouvelle c’est que c’est possible et qu’il suffit de le vouloir. C’est très important pour nous au niveau physique mais aussi émotionnel, on gagne en confiance en soi.
  • Utiliser la pression est juste un moyen de communication, il n’y a pas d’émotions cachées derrière.
  • Il vaut mieux prévenir que guérir. Ecouter notre corps et notre intuition (respirer!) pour devenir proactifs et gérer les problèmes bien AVANT qu’ils arrivent.

Et vous?

Et vous, l’avez-vous lu? Que pensez-vous de cette review? Y a-t-il certaines choses qui restent floues? D’autres remarques importantes? … Dites-moi tout!

Pour vous procurer le livre : Nature in Horsemanship: Discovering Harmony Through Principles of Aikido

Que votre journée soit belle !

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2 réactions au sujet de « Nature in Horsemanship: Discovering Harmony Through Principles of Aikido »

  1. Un grand Merci pour le résumé du livre, très clair, les éclairages. De plus, intéressant pour les personnes qui comprennent peu l’anglais. Belle journée à toi et ton cheval. Catherine Koenig

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