Souriez ! Vous dansez …

Souriez ! Vous dansez …

L’année passée, j’ai suivi un cours de salsa. C’était, en tout cas je le pensais, à l’opposé de mes compétences, de mes talents. Je n’ai aucun rythme : j’ai du mal à applaudir en même temps que tout le monde. J’aime la musique mais je n’y comprends absolument rien, pour moi, cela relève un peu de la magie. Ma coordination est assez mauvaise également.

 Autant dire que ça ne s’annonçait pas être une partie de plaisir. Mais j’avais relevé le défi avec des amies, et comme le dit si bien Barney Stinson « Challenge Accepted »!

J’ai été assez surprise de retrouver beaucoup de similitude avec l’équitation. Etant une fille, je me suis retrouvée à la place du cheval : malmenée par les cavaliers débutants et par mon manque d’expertise dans le domaine. Heureusement, nous pouvions communiquer : « Aie, tu me fais mal! », « Attends, j’ai oublié, c’est quoi encore? », « T’es plus en rythme », etc. Ce qui n’est pas le cas avec les chevaux. Si j’avais dû ruer (ou gifler) mon cavalier à chaque fois qu’il me marchait sur les pieds parce que j’étais incapable de faire autrement, je ne suis pas sûre qu’il aurait compris ce que je voulais dire. On aurait fini comme sur un ring de boxe plutôt que sur une piste de danse, et au final, personne n’aurait appris grand chose. Ca laisse à réfléchir…

L’apprentissage des pas de base a duré le plus longtemps. C’était vraiment difficile pour moi: être en rythme sur la musique et faire toujours la même série de pas, sans me tromper : mission impossible pour moi! Caro, notre prof de salsa m’a alors expliqué que tout le monde nait avec le rythme. Les enfants en Amérique du Sud l’apprennent en jouant dans la nature, en grimpant aux arbres. Nous sommes enfermés entre quatre murs dès le plus jeune âge. « Tout ce que tu dois savoir se trouve là » m’a-t-elle dit, telle Grand-Mère Feuillage, en mettant la main sur son coeur. « Il faut juste apprendre à l’écouter, à respirer. La nature dansait déjà avant nous. »

Et, à partir du moment où le rythme est là, on peut commencer à danser, à être partenaires. Quelle danse, ça n’a pas vraiment d’importance à mes yeux. Le but n’est pas que tout soit parfait, il faut juste une cohérence, une cohésion et surtout il faut s’amuser.

Dans le monde du dressage, les cavaliers sont très sérieux. « On travaille le cheval », du coup oui, c’est vrai travailler ce n’est pas toujours chouette (ou jamais, apparemment pour certains). Je pense qu’il faut rester concentré pour rester connecté, sinon on finit par se marcher sur les pieds. Mais lorsqu’on est trop sérieux, on finit par devenir rigide, le fameux phénomène du « balais dans le cul ». Et là on bloque les mouvements, les nôtres et ceux de notre partenaire (puisqu’on est deux). En salsa c’est ressenti directement, ce n’est pas fluide. Le partenaire peut essayer de compenser tant qu’il peut mais il y aura un décalage. A cheval, c’est plus compliqué, le cavalier étant assis, le cheval peut compenser énormément pour les erreurs et tensions du cavaliers. Mais comme en salsa, je pense que ce ne sera jamais totalement fluide.

Il parait que le sourire est à l’origine de la joie. Alors, si vous ne savez pas comment faire pour vous détendre à cheval, il faut peut-être juste essayer de sourire.

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